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Liège
cité ardente |
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[Ci-dessus
Liège en 1693] |
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Un
peu d'histoire
Le destin
de Liège s'est scellé le jour où Lambert, évêque de Tongres, y fut
assassiné au début du VIIIe siècle. Liège n'est alors qu'un petit bourg
sis au confluent d'un ruisseau, la Légia, et d'un des nombreux bras de la
Meuse. Sur ce promontoire (aujourd'hui la fameuse place Saint-Lambert), à
l'abri des crues, on trouve des traces d'activités humaines depuis plus de
80000 ans (raison pour laquelle les archéologues s'intéressent tant à ce
site). Mais ce n'est qu'à la faveur de cet assassinat que Liège prend
véritablement son essor. Très vite, en effet, les pèlerins se ruent à
Liège, lieu du martyr de Lambert, à tel point que son successeur, Hubert,
décide d'y transférer la capitale du diocèse. Conséquence : la bourgade se
peuple de nombreux religieux entraînant dans leur sillage commerçants et
artisans, les premiers clochers apparaissent dans son ciel, Liège grandit
rapidement et prend l'allure d'une véritable petite ville ecclésiastique.
Puis, en
972, arrive Notger, son nouvel évêque. Selon les chroniqueurs, "Liège
doit Notger au Christ et le reste à Notger".
Avec lui, en effet, Liège n'est plus seulement la capitale d'un diocèse
mais aussi celle d'un Etat, une Principauté, qui, quoique intégrée dans le
Saint-Empire germanique, va gérer ses affaires en toute indépendance
pendant plus de 800 ans ! A sa tête : un prince-évêque qui détient à la
fois le pouvoir religieux et le pouvoir civil. A son heure de gloire, la
Principauté de Liège couvrira près d'un tiers de la Wallonie actuelle avec
des ramifications dans le Limbourg flamand et hollandais ainsi que dans
les Ardennes françaises.
Notger, premier prince-évêque, est un
bâtisseur. Autour de la ville, il fait construire une enceinte fortifiée
tandis que sur ce qui ne s'appelait pas encore la place Saint-Lambert, un
palais et une cathédrale voient le jour. Aujourd'hui, le palais trône
toujours fièrement sur la place (mais il ne ressemble plus en rien au
premier palatium),
par contre, la cathédrale a subi les foudres des révolutionnaires français
qui l'ont complètement dépecée. C'était pourtant, disent les historiens de
l'art, une merveille de l'Occident... Deux siècles plus tard, telle une
sanction de l'Histoire, la place est toujours en chantier. On lui promet
un bel avenir mais elle est devenue, aux yeux des étrangers et des Belges,
le lieu symbolique des discordes liégeoises.
Le mot
liberté a toujours, il est vrai, résonné avec une sonorité particulière
dans les oreilles des Liégeois. C'est en son nom qu'ils ont de tout temps
revendiqué, contesté, résisté. Comme Tchantchès, leur tête est de bois
mais leur langue ne l'est pas. Au point parfois de désunir leurs
efforts... Mais c'est aussi cet entêtement qui leur a permis d'obtenir
très tôt du prince-évêque des chartes garantissant des droits importants
pour les personnes et pour les corporations de métiers. Le Perron, sur la
place du marché, symbolise ainsi l'attachement des Liégeois à leurs
libertés.
Au XVIIIe
siècle, les idées libérales des "Lumières" ont trouvé en bord de Meuse un
terrain fertile. Comment s'étonner dès lors que Liège ait vécu également
en 1789 sa propre révolution, dite "heureuse" car, au contraire de sa mère
parisienne, elle n'a pas fait rouler les têtes ?
Elle
annonçait pourtant la fin de l'indépendance liégeoise. En effet, les
territoires de la Principauté seront bientôt séparés et annexés
successivement à la République française ) et au Royaume des
Pays-Bas ). En 1830, de nombreux Liégeois participeront à une
autre Révolution, celle qui donnera vie à la Belgique.
[Ci-dessous
Le palais des Princes-Evêques et la
cathédrale Saint-Lambert (gravure coloriée du XVIIIème siècle).]
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Une ville à
dimension humaine
Aujourd'hui, Liège est la grande métropole wallonne et la troisième
agglomération urbaine de Belgique. Elle compte 200 000 habitants (pour 620
000 dans l'agglomération et un million dans la province). Elle est au
coeur de l'Euregio Meuse-Rhin, qui regroupe les villes de Maastricht,
Aachen et Hasselt. Si Liège n'est plus la capitale d'un État, elle
conserve néanmoins des missions importantes : politiques (chef-lieu de la
Province), économiques (le site du Vertbois est le siège des institutions
à vocation économique de la Région wallonne), judiciaire (Parquet, Cours
et Tribunaux), éducative (réseau dense d'écoles secondaires et
supérieures), culturelle, etc.
Le Palais
des princes-évêques accueille dorénavant le Gouverneur de la province de
Liège, une partie de son administration, ainsi que les services du
ministère de la Justice. La présence d'un évêché perpétue la tradition
religieuse de la ville.
Sur le plan
économique, les 25 dernières années ont été marquées par la crise du
bassin industriel liégeois. Depuis le XIXe siècle, les charbonnages, les
usines métallurgiques et sidérurgiques, les fabriques d'armes, etc., ont
façonné les paysages et les mentalités dans la région. Ces vieilles
activités industrielles, qui avaient fait de Liège au début du siècle
dernier la deuxième puissance économique au monde, étaient dépassées par
les nouvelles technologies et frappées de plein fouet par la concurrence
mondiale. Au prix d'un effort financier et social important, le bassin
liégeois recouvre maintenant une meilleure santé. Cockerill est à nouveau
une entreprise qui gagne et qui investit à l'étranger. Elle est à l'image
de toute une économie régionale qui opère sa nécessaire mutation.
Liège croit
à nouveau en son avenir. Un nouveau tissu de petites et moyennes
entreprises, aux mailles de plus en plus serrées, s'installe dans la
région et les plus anciennes entreprises se transforment. Elles recourent
souvent aux technologies les plus innovantes et mettent sur le marché des
produits de haute valeur ajoutée exportés partout dans le monde. Depuis
quelques années, l'Université de Liège est un de leurs partenaires
privilégiés. Pôle de connaissances pointues, elle met son savoir-faire
humain et ses équipements au service des besoins des entreprises. L'un des
exemples les plus frappants de la reconversion de la région est
l'ingénierie spatiale, domaine hautement sophistiqué s'il en est.
L'intégration des diverses compétences a donné naissance à un Spatiopôle
liégeois en contact étroit avec l'industrie aéronautique et les grands
centres de recherche spatiale (ESA, NASA).
Le
redéploiement économique de Liège prend appui également sur un réseau de
communications dense et intégré qui affirme un peu plus encore sa vocation
européenne. Noeud autoroutier, Liège est un passage obligé vers les
Pays-Bas, l'Allemagne et toute l'Europe centrale. Elle possède le
troisième port fluvial européen en relation avec les ports maritimes
d'Anvers et de Rotterdam. L'arrivée prochaine du TGV la placera idéalement
au centre de l'axe ferroviaire Paris-Bruxelles-Berlin. Son aéroport, à
Bierset, est un centre de frêt international en pleine expansion.
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Une ville
d'accueil
Ville
touristique, ville accueillante, ville de passage à l'intersection de
trois frontières, Liège est cosmopolite comme l'atteste la composition de
sa population. Pour s'en rendre compte, il suffit de flâner le dimanche
matin sur le marché de la Batte. L'immigration italienne et maghrébine a
renforcé dans cette contrée du Nord les accents et la chaleur humaine
propres au pays du Sud. Ce brassage des cultures contribue au charme de la
Cité ardente.
Liège se
flatte d'être décrite comme la cité du bon accueil. Ni trop petite, ni
trop grande, elle offre tous les attraits d'une vraie ville mais demeure à
dimension humaine. Le centre-ville, très commerçant, est peuplé de
restaurants et de brasseries. Il y en a pour tous les goûts et pour toutes
les bourses. Les étudiants, eux, manifestent leur préférence pour le
Carré, un lacis de ruelles dont l'animation nocturne est particulièrement
appréciée. Sur la rive droite du fleuve, en Outremeuse, la rue Roture
attire les gastronomes et les amateurs d'autres cultures.
La vie
culturelle est, à Liège, particulièrement foisonnante par la présence
d'une dizaine de théâtres, de l'Opéra royal de Wallonie, de l'Orchestre
symphonique (qui joue devant les auditoires les plus prestigieux), du
Conservatoire, d'une trentaine de salles de cinéma (dont certaines
spécialisées dans le cinéma d'art et d'essai), de plusieurs dizaines de
galeries d'art et de musées, sans compter les nombreuses associations
culturelles et les bibliothèques publiques (les Chiroux).
Depuis
quelques années, la Ville a renoué avec une bonne tradition en organisant
des expositions de prestige (Monet, Cobra, Gauguin, Chagall, et en 2000
Picasso). A épingler aussi, l'exposition Tout Simenon, en hommage au grand
romancier liégeois. Expatrié mais fidèle à sa ville natale, Simenon a
légué toutes ses archives privées à l'Université de Liège qui a, pour
l'occasion, ouvert un Fonds au Château de Colonster du Sart Tilman.
Liège, ce
sera peut-être votre ville dans quelques mois. Partez à sa découverte,
rencontrez son esprit si particulier et vous l'aimerez sans doute comme
elle le mérite. Car Liège n'est jamais aussi belle que lorsque l'on tente
de la séduire...
[Source:ulg.ac.be]
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